Interprétation en langue des signes et en mode oral

L’interprète en langue des signes ou en mode oral est une personne-ressource tant pour l’étudiant sourd ou malentendant que pour les personnes entendantes (enseignant, intervenant, autres étudiants, etc.). L’interprète a pour rôle d’assurer une bonne communication entre les parties et une compréhension mutuelle, et ce, tant sur les plans linguistiques que culturels (c’est-à-dire qu’il rend explicites les messages culturels implicites).

Dans le souci de favoriser l’autonomie des étudiants sourds ou malentendants en contexte scolaire, l’interprète n’intervient pas sur le plan pédagogique, c’est-à-dire qu’il ne fait pas d’aide aux travaux, d’explication de la matière enseignée, etc. Par exemple, si l’étudiant sourd ou malentendant n’a pas compris un concept enseigné dans un cours, il doit, à l’instar des autres étudiants, s’adresser directement au professeur. Le rôle de l’interprète sera alors d’interpréter les propos de l’étudiant sourd ou malentendant en langue orale pour le professeur. L’inverse s’applique également : si l’enseignant ou d’autres étudiants veulent s’adresser à la personne sourde, l’interprète rend accessible le message en langue des signes ou dans un autre mode de communication, au choix de l’étudiant.

L’interprète exerce ses fonctions selon les principes éthiques de neutralité, de confidentialité et de fidélité. Lorsqu’il transmet les propos des personnes sans émettre d’opinions ni de conseils, il fait preuve de neutralité. Il doit également garder confidentielles les informations auxquelles il est exposé pendant son travail. Enfin, l’interprète doit retransmettre fidèlement le message, sans en altérer le sens.

Pour plus d’information sur le rôle et les responsabilités d’un interprète, veuillez consulter la section Documentation.

La langue des signes québécoise (LSQ)

La langue des signes québécoise (LSQ) est la langue majoritairement utilisée par les sourds francophones québécois. La LSQ est une langue à part entière, indépendante du français, avec une grammaire et une syntaxe qui lui sont propres. C’est pourquoi les interprètes du CCSI se présentent généralement comme des interprètes « français – LSQ » puisqu’ils travaillent avec ces deux langues. Il existe également des sourds, issus de la communauté anglophone, qui communiquent en American Sign Language (ASL). Une équipe d’interprètes français-LSQ et anglais-ASL travaille au CCSI.

Le mode oral

Les personnes sourdes ou malentendantes qui communiquent surtout en lisant sur les lèvres et qui s’expriment avec leur propre voix utilisent majoritairement « l’interprétation en mode oral ». Dans le milieu de l’interprétation, on utilise plutôt le terme de translittération orale, car bien que le mode de communication change, seule la langue française est utilisée. Les interprètes qui travaillent en mode oral reproduisent le message de la personne entendante en l’articulant (sans voix) de manière à ce qu’il soit le plus lisible possible sur les lèvres. Pour ce faire, diverses stratégies sont utilisées pour favoriser l’intelligibilité et la compréhension du message par la personne sourde ou malentendante.